Hal Klegman

[Executive Coach, Co-Leader and Board Member of the ManKind Project International]

« Une introduction à l’histoire de l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, une retraite initiatique pour hommes organisée pour la première fois au Wisconsin en janvier 1985. Cette étude est une recherche pour comprendre comment trois hommes de culture disparates ont mis au point un stage de formation qui depuis son démarrage a attiré plus de 70.000 hommes aux USA, Canada, France, Belgique, Royaume-Unis, Allemagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Espagne, Afrique du Sud, Mexique, Espagne, Israël,… »

L’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier est née du cerveau et du cœur de trois hommes : Rich Tosi, Bill Kauth et Ron Hering. Au moment où en 1985 ils ont créé l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, Richard Tosi était ingénieur chez General Motors à Milwaukee. Il avait été capitaine dans la marine américaine et officier d’armement électronique dans l’aviation de la marine et avait vu le combat au Vietnam. Bill Kauth avait un diplôme universitaire en psychologie et était un thérapeute féministe à sa propre mode. Ron Hering avait un doctorat en éducation, était professeur d’université et animateur de séminaires. Tosi le marine avait très peu en commun avec Kauth ou Hering.

Rich Tosi

[Co-fondateur du ManKind Project]

« Hal Klegman a fait un travail magnifique en dévoilant et clarifiant les débuts de l’histoire de l’Aventure Initiatique des Nouveaux Guerriers. C’est comme si nous, qui étions impliqués à cette époque, avions des versions différentes et souvent contradictoires de ce qui s’est réellement passé. La capacité incroyable de Hal à écouter chacun de nous, tant avec son esprit que son cœur est un vrai don. Ensuite il a patiemment et adroitement tissé les fils pour former un tableau historique précis. J’aime lire l’histoire de Hal car elle reflète mon expérience personnelle et, dans le même temps, elle me donne une image plus large de ce que d’autres ont vécu au même moment. Merci Hal »

Bill Kauth

[Co-fondateur du ManKind Project]

« La femme avec qui je sortais était la présidente de l’association des thérapeutes féministes du Wisconsin. Je me définissais moi-même comme un thérapeute féministe parce que, honnêtement, dans les années 70, c’était l’énergie du moment. C’était l‘énergie de la croissance personnelle. Je pouvais voir que ces gens étaient des êtres très évolués et je voulais faire partie de cela. Et donc je me suis vraiment appelé thérapeute féministe, ce qui au fond veut dire que j’étais authentique avec mes clients et que je ne mettais aucune barrière artificielle. Elle m’a donc invité à cette réunion bisannuelle de tous les thérapeutes féministes du Wisconsin. Pour autant que je me souvienne j’étais le seul thérapeute féministe présent qui avait un pénis ! (Je n’ai pas vérifié.)

Ron Hering

[Co-fondateur du ManKind Project]

Ron Hering fut un ferveur défenseur des hommes qui font face à leurs émotions et décident de se distancer de l’image de « l’ancien guerrier ». Il a été tué de la main de son beau-père dans un meurtre-suicide suite à un conflit de garde d’enfant en mai 1993.

« La vulnérabilité est le berceau de l’amour, de l’appartenance, de la joie, du courage, de l’empathie et de la créativité. C’est la source d’espoir, d’empathie, de responsabilité et d’authenticité. Si nous voulons plus de clarté dans notre vie ou une vie spirituelle plus profonde et plus significative, la vulnérabilité est le chemin » [Dr. Brené Brown d’après les travaux de Ron Hering]

Le contexte – Un terrain fertile pour le travail masculin

Dans les années 1970 et 1980 les psychologues et les sociologues débattaient avec passion sur le genre et les rôles sexués. Des livres tels que celui du Dr Herb Goldberg, « Les risques d’être un mâle, survivre au mythe du privilège masculin » (1976) et celui du Dr Ken Druck, « Les secrets gardés par les hommes », étaient les premiers à suggérer que même si la Révolution Féministe était en pleine floraison, la vie émotionnelle et spirituelle des hommes était perturbée et méritait attention. Dans son livre de 1983 « Des étrangers intimes», la Doctoresse Lillian Rubbin traitait des rôles changeants des hommes et des femmes. Elle écrivait : « La quête du changement personnel sans efforts pour changer les institutions dans lesquelles nous vivons et grandissons ne sera atteinte qu’à un niveau limité » Ainsi donc le besoin de changement sociétal en complément au développement personnel était certainement un sujet de réflexion pour des thérapeutes comme Bill Kauth et des professeurs d’université comme Ron Hering. Des chercheurs comme Herb Goldberg étaient à la fine pointe de la réponse académique au Mouvement des Femmes. Par ailleurs Justin Sterling avait mis au point le week-end « Hommes, sexe et pouvoir». Que cherchaient les hommes ? Qu’attendait la société des hommes ? L’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier est née à la croisée d’un besoin de changement personnel et social des hommes.

L’initiation en Amérique

Au dix-neuvième siècle les groupes américains d’initiation masculine étaient tellement importants qu’on a estimé que 70.000 loges fraternelles existaient. « En 1896, une population totale de dix-neuf millions d’hommes adultes a donné lieu à cinq million et demi de membres dans des groupes fraternels ». L’ Aventure du Nouveau Guerrier est une version actualisée d’une tradition américaine, une société secrète masculine. Le livre de 1989 de Mark Carnes « Rituel secret et masculinité dans l’Amérique victorienne » parlait de ces sociétés initiatiques américaines précoces comme étant d’abord basées sur l’initiation et sur très peu d’autre choses. Des cérémonies sophistiquées, des costumes et progressivement des niveaux plus élevés d’initiation prenaient tellement de temps qu’il n’en restait plus pour socialiser.10 La première Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier n’envisageait rien d’autre au-delà de l’expérience du week-end lui-même et il ne s’agissait ni d’un rite sophistiqué ni d’une affaire de costumes. C’était une expérience de séparation du monde ordinaire à beaucoup d’égards comme ces autres expériences précoces américaines étaient une expérience de séparation des aspects ordinaires de la vie.

La Formation de Nouveau Guerrier comme initiation

Un principe de l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier était d’être une réunion d’hommes d’une durée d’un weekend, introductive, expérientielle et initiatique avec une attention sur l’auto-analyse approfondie. Cette formation initiatique était modelée – inconsciemment au début, et plus tard volontairement – largement sur la recherche transculturelle de Joseph Campbell. Elle utilise ses étapes de l’initiation qui sont : séparation, descente, épreuve, et retour dans la communauté des hommes initiés. Cette partie de l’initiation appelée par Campbell le Voyage du Héros faisait partie intégrante de la Formation de Nouveau Guerrier et l’Aventure du Nouveau Guerrier y faisait référence par le Voyage du Héros autant que par GUTS. Le voyage du Héros, dans ce contexte, était une quête intérieure pour combattre ses dragons intérieurs. Le principe était qu’un homme ne pouvait pas combattre les dragons du monde avant d’avoir combattu et terrassé les siens. Dans l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, ces démons étaient représentés par des « ombres ». Dans la psychologie Jungienne, « l’ombre » est cette part de la personne qui est cachée, réprimée et déniée. Les mythes de Gilgamesh, de l’Odyssée et de Perceval sont souvent considérés comme symbolique du voyage de tout homme. L’ Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier avait lieu dans un cadre sécurisé, dans un espace rituel. Le cadre ou « container » est une métaphore du creuset de l’alchimiste, un récipient capable de contenir le processus énergétique de la transformation. Ces processus se devaient d’être émotionnellement sûrs et psychologiquement évocateurs de l’espace rituel. Ce dernier est un endroit, dégagé du banal ou de la réalité ordinaire, à laquelle une visée symbolique ou sacrée a été conférée par le cadre. Dans le travail de guérison des hommes, c’est une zone souvent située dans un site naturel en plein-air où les hommes peuvent se retrouver libres des influences de la civilisation dans un cadre qui est sûr et béni, souvent au travers du rituel. Le travail d’initiation et de guérison d’autres hommes demande de l’énergie en termes physique, émotionnel et spirituel ce qui demande un cadre considérable. L’ initiation d’hommes, comme envisagée ici, est un procédé pour transmettre et modeler une compréhension saine de ce qu’être un homme veut dire. Cela comporte des rites, des activités et des cérémonies conçues pour créer un sentiment significatif d’appartenance et d’identité masculine. Ceci n’a pas le même sens que le terme « rites de passage » qui sous-entend la fonction sociétale et culturelle des cérémonies tel que l’a décrit Arnold Van Gennep dans son travail phare de 1909 « Rites de Passage ». L’initiation telle qu’employée pour décrire l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, vise l’impact personnel et psychologique du dispositif sur l’individu.

Robert Moore

[Journaliste]

« Il se pourrait qu’au vingt-cinquième siècle un ancien raconte une histoire comme celle-ci à un groupe d’enfants : Dans les dernières années du vingtième siècle, un petit groupe d’hommes de races et de conditions variées se sont réveillés, ont regardé alentour et ont vu de quoi les temps étaient faits. Ils ont vu à quel point la situation était désespérée, et à quel point étaient faibles les chances qu’ils puissent faire le boulot qu’il y avait à faire mais malgré cela ils ont dit « oui» au défi. Les enfants, même si nous ne pouvons pas nous rappeler leurs noms, nous leurs sommes éternellement reconnaissants »

Description de l’initiation

Joseph Campbell a réfléchi à l’initiation et a offert plusieurs exemples tiré des sociétés primitives. Il parle de l’initiateur comme le « Vieil homme sage des mythes et des contes dont les paroles soutiennent le Héros [à être initié]… ». Plus loin Campbell affirme que : « le véritable effet de ces [rites] était de conduire les gens à travers ces difficiles seuils de transformation qui exigent un changement non seulement dans les modèles conscients mais aussi inconscients de la vie ». En discutant le rôle de l’initiation et son rôle central dans l’expérience humaine, Robert Moore a proposé que le mot initiation tel qu’usité par les Jungiens pourrait-être traduit par « transformation.» Moore écrit : « L’initiation est le processus de mourir et de renaître. Cet archétype est tellement puissant dans la vie humaine qu’il apparaît dans tous les domaines de l’expérience. Une fois que vous avez le regard pour reconnaître cet archétype, un tas de questions que vous vous êtes posé commencent à trouver leur place ».

Robert Bly

[Ecrivain]

« Vers ses 35 ans, l’homme découvre que les images de l’homme droit, de l’homme dur, du vrai homme qu’il a reçues à l’école ne fonctionnent pas dans la vie »

Quand un père, absent toute la journée, rentre à six heures du soir, ses enfants profitent de son humeur mais pas de son enseignement »

 

L’initiation oubliée

Robert Bly a dit à propos de l’initiation dans la culture moderne, « C’est ce qui manque dans notre culture. …Cela n’arrive pas de soi et cela n’arrive pas simplement par ce qu’un garçon mange son bol de céréales. Et seuls des hommes peuvent faire ce boulot ». Michael Greenwald, un des fondateurs du Réseau Nouveau Guerrier, le prédécesseur de Mankind Project International, a écrit que l’initiation sert, au fond, à restaurer une masculinité mûre dans le monde. « La Masculinité mûre doit être reconquise par le monde moderne. Son absence virtuelle des sociétés avancées technologiquement a, selon le point de vue de l’auteur, abouti dans une des crises morales les plus graves qui ait frappé la Civilisation Occidentale. La population terrestre a à sa portée les moyens de créer une Utopie virtuelle. Mais la volonté collective nous manque pour simplement éviter la disparition de cultures entières à cause de la famine ou de la maladie. Dans notre monde le génocide est à peine aperçu. Le viol est utilisé tout à la fois comme un instrument pathologique d’expression masculine et de guerre ethnique. Nous voulons accroître les performances chimiquement (avec des antidépresseurs et des stéroïdes entre autres) aux dépens de l’acceptation de nos limites humaines. Nous admettons la pollution planétaire et des taux de mortalité infantile horriblement hauts. La violence est devenue la voie préférée des conflits interpersonnels. Dans tout ceci nous voyons que la masculinité mûre dans son entièreté a été complètement oubliée et qu’une « Psychologie de Garçon » est dominante ».

L’initiation redécouverte

Hering, Tosi et Kauth peuvent être considérés comme des re-découvreurs, quoiqu’involontaires, de l’initiation. L’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier a rempli un besoin sociétal et une mission historique. Le besoin est patent : si des hommes, 22.000 d’entre eux, n’avaient pas eu besoin de ce qui était proposé, ils ne seraient pas venus et la société n’aurait pas soutenu la survie de l’organisation. Dans l’introduction au livre « Les secrets que les hommes gardent », le Dr Ken Duck a écrit : «les hommes d’aujourd’hui sont les gardiens des secrets les mieux gardés. Nous vivons des vies émotionnelles secrètes, en cachant souvent, même de ceux que nous aimons et en qui nous avons confiance, nos plus grandes peurs et insécurités de même que nos rêves les plus précieux.34 » Un de ces secrets porte sur le sens et la signification culturelle et émotionnelle profonde de l’initiation. La mission historique remonte à l’affirmation de Henderson sur l’initiation citée plus haut de « devoir être redécouverte.» Beaucoup de découvreurs ne sont pas immédiatement conscients de ce qu’ils ont trouvé. Ce n’est pas anormal. Colomb ne savait pas qu’il avait découvert l’Amérique. De la même manière, Tosi, Kauth et Hering ne savaient pas qu’ils avaient ré-inventé l’initiation. Leur objectif était d’offrir aux hommes un outil pour faire « quelque chose ».

Douglas Gillette

[Ecrivain]

« Redéfinissant les concepts séculaires de la masculinité, les analystes jungiens Robert Moore et Douglas Gillette avancent que la masculinité mature n’est pas abusive ou dominatrice, mais générative, créative et autonomisante de soi et des autres. Moore et Gillette définissent clairement les quatre archétypes masculins matures qui se distinguent dans le mythe et la littérature à travers l’histoire: le roi (l’énergie d’un ordre juste et créatif), le guerrier (l’énergie d’une action agressive mais non violente), le magicien (l’énergie de initiation et transformation), et l’amant (l’énergie qui relie les uns aux autres et au monde), ainsi que les quatre schémas immatures qui interfèrent avec le potentiel masculin (enfant divin, enfant œdipien, filou et héros) »

L’influence des Américains originels

 

Il y a aussi eu un certain nombre de choses qui ont été intégrées à l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier qui viennent directement de la culture des Amérindiens : l’emploi d’animaux-totem pour les noms, l’emploi du bâton de parole pour indiquer qui a accès à la parole, dire « Ho ! » pour indiquer qu’un homme a fini de parler et l’intégration de la tente de sudation, un rituel de purification Amérindien. Il y avait un certain nombre d’organisations fraternelles d’inspiration Amérindienne au dix-neuvième siècle comme « l’ordre des Hommes Rouges » et il y eu des organisations pour la jeunesse comme « les Filles du Feu de Camp » qui employaient des traditions et des habits Amérindiens ou qui inventaient leur propre style et l’étiquetait « Indien ». Les Filles du Feu de Camp, en particulier, avec leur accent sur le rôle des femmes comme des domestiques gratuits à la solde de leurs maris, n’en avaient aucune honte durant la première partie du vingtième siècle. Dans son livre « Jouer à l’Indien » Philippe Deloria écrit : « Les modèles de rôle Indiens montraient la différence entre des tâches domestiques naturelles et du travail non-naturel hors de la maison. Les Filles du feu de Camp … revendiquaient une existence transcendante comme expression des activités féminines universelles d’éducation des enfants et de constitution du foyer. …. Les constructions du Feu de Camp existaient en dehors des récits de l’histoire nationale et de l’évolution sociale, flottant au contraire dans un vide historique primal ».

Dans la recherche de moyens pour briser les barrières entre l’existence mondaine et l’expérience de l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, les fondateurs firent ce que d’autres avant eux avaient fait : sans idées conscientes préalables de la conséquence de leur action sur les peuples traditionnels, ils se sont appropriés des rites de style Amérindien ; ce que d’autres groupes en constitution du début et du milieu des années ’80 avaient fait dans des visées similaires. Deloria à nouveau écrit : « Le mouvement de l’homme Nouvel Age (New-Age), par exemple, a mis au point un mélange sophistiqué de psychologie interpersonnelle, de thérapie de groupe et de formation intuitive dans des formats teintés d’Indianisme. Rassemblés à l’extérieur, les fanas du mouvement masculin ont fabriqué et porté des masques, ont choisi des noms d’animaux qui les représentaient (habituellement de grands animaux masculins), se sont passé un « bâton de parole » lorsqu’ils se racontaient des histoires refoulées et méditaient seuls dans la nature dans une sorte de quête de vision bien assaisonnée. … Les groupes de femmes avaient des rituels de connexion similaires, souvent organisé autour d’une vision essentialiste du lien basique des femmes avec la terre. Et, bien sûr, les adeptes du New-Age des deux sexes, se liaient sur la connaissance culturelle d’autrui dans des situations qui allaient de conférences dans des hôtels de classe à des tentes de sudation chez soi ». Bill Kauth a affirmé qu’il savait «instinctivement» que la tente de sudation était une bonne idée. Il se rappelle de Charles Chips, un gars de Milwaukee, qui organisait des tentes de sudation ouvertes à tous. A l’automne 1984, Bill a participé à une de ces séances et a réalisé que le genre de week-end qu’il organisait avait besoin d’une cérémonie de ce genre. Il a présenté l’idée à Tosi et Hering qui ont validé ce besoin. Il semble que Hering ait estimé être capable de faire n’importe quoi par « la force au fond de son pantalon » et s’est proposé comme verseur d’eau de la première tente de sudation – conduire le rite du versage de l’eau sur les pierres chaudes et diriger chacun des tours de prière. Kauth se rappelle: « Nous ne savions pas ce que nous faisions, et je n’avais pas l’impression que j’étais capable de le faire, et Ron était prêt à s’asseoir là et à s’imaginer le faire. Et donc je me suis assis à côté de lui et je lui ai dit : « Ron, Ron, c’est le troisième tour, … c’est le tour des bénédictions ! » Il a dit : « okay les hommes, à présent nous allons entamer le troisième tour, le tour des bénédictions. » Ca s’est passé de cette façon pendant deux ans, ce qui donne une idée à la fois du génie et de l’hurluberlu qu’était Ron».

Quoique Kauth ait pu trouver Hering écervelé, et que Tosi ait pu trouver Kauth dangereux, ils ont néanmoins coopérer pour l’organisation de ce « truc » pour hommes en janvier 1985. Dix sept hommes ont accompli ce week-end. Il ne s’appelait pas l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier, C’était le « Week-end de l’Homme Sauvage ». Bill Kauth se rappelle une réaction déterminante à ce nom: « Je l’ai appelé le « Week-end de l’homme sauvage ».

Je connaissais assez Robert [Bly] pour lui écrire une lettre disant « Robert, on vient de vivre un week-end d’hommes et c’était génial. On l’a appelé «le week-end de l’homme sauvage ». Mon idée était qu’il allait être vraiment content … figure paternelle … « Papa, regarde ça. On a fait ce week-end ». Il m’a renvoyé cette carte postale. Je l’ai encore quelque part. Elle disait : « Cher Bill, bravo, bon boulot. Je suis content que vous fassiez cela …. Et s’il vous plaît n’employez pas le nom « homme sauvage » car les média vont sauter dessus et le détruire. » … Ce qui était une prémonition de 1992-93 quand Marvin Allen l’a employé au Texas et les media s’en sont saisi et l’ont détruit. Donc, à la suggestion de Robert j’ai changé le nom en « Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier ». Je trouvais qu’on avait besoin d’une certaine férocité, de masculin dur ; il y avait quelque chose autour du masculin doux qui ne parlait plus aux hommes ». Il a été organisé pour la deuxième fois en avril 1985 et s’intitulait « Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier ». En 1987 un groupe d’hommes de Chicago à parrainer une « Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier » et ainsi les graines du « Réseau Nouveau Guerrier » étaient plantées. En février 1988, le Réseau Nouveau Guerrier est devenu « le Mankind Project ». Ce qui a démarré avec dix-sept hommes au Wisconsin est aujourd’hui une organisation internationale présente dans plus de 21 pays. A la date de juin 2008, plus de 38.000 hommes ont accompli l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier et il y a plus de 70000 « Nouveaux Guerriers » en 2020.

Lectures complémentaires

Philippe Berkenbaum : « Des Hommes, des vrais » © Psychologies Magazine Belgique, mars 2012

Christian Krumb, « Homme-training ». © Psychologies Magazine, hors-série, juin 2010 (pour l’article français)

Joseph Campbell, “Le héros aux mille et un visages” (The Hero with a thousand faces) 1949.

Stephen Gilligan et Robert Dilts, “Le voyage du héros – Un éveil à soi-même” (The Hero’s Journey: a Voyage of Self-Discovery) 2009.

Robert Bly “L’homme sauvage et l’enfant. L’avenir du genre masculin” (Iron John: A Book About Men) 1990.

INREE – Des Hommes authentiques – Magazine « Air du temps »

Carl Gustav Jung – Charles Kerényi, “Introduction à l’essence de la mythologie” 1941.